Penser à moi ?

Une aidante dont le compagnon âgé de 60 ans a la maladie d’Alzheimer s’inquiète sur l’avenir, le coût des établissements, ce qu’elle pourra faire quand la totalité des économies aura disparu dans le paiement mensuel de l’établissement où son compagnon vit. Une réflexion anxieuse face au conseil maintes fois donné aux aidants : "Pensez à vous".

Publié le 11 septembre 2015
Penser à moi ?

Penser à moi ? Je veux bien, mais le problème c'est que dès que je pense à moi, je déprime. Mon compagnon a tout juste 60 ans, il est depuis 1 an dans un établissement pour personnes âgées, dans l'unité qui prend soin des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Deux ans, nous avions tenu deux ans à la maison, mais quand je rentrais le soir après deux jours de formation en province et que je voyais l'état de l'appartement, de l'urine dans les tiroirs ou des excréments par terre dans le couloir, alors j'ai compris que ce n'était plus possible. Puis nous avons eu de la chance de trouver presque immédiatement un établissement qui l'a accueilli, il est au Nord de Paris, c'était important qu'il soit aussi proche de Paris que possible, mais nous payons 3800 euros par mois. A ce rythme là, toutes ses économies d'ancien vétérinaire seront épuisées dans 18 mois. Et après, je n'ai pas la moindre idée de ce que nous devrons faire. Mais je ne pense pas que l'établissement le gardera si nous ne payons pas. Je suis formatrice indépendante, mes contrats se réduisent, je peux même me retrouver avec insuffisamment de revenus rien que pour entretenir l'appartement que nous avons. Quand je vais le voir, je ne suis pas certain qu'il me reconnaisse. L'autre jour, il se promenait dans un couloir, la main dans la main avec une autre pensionnaire. C'est un choc de voir cela. Il m'a salué, mais je ne suis pas sûre qu'il m'ait reconnue. J'ai deux enfants, mais aucun ne peut aider financièrement. Il a deux enfants aussi de son côté, là non plus, pas d'espoir que l'un ou l'autre puisse aider financièrement. Peut-être sa mère ? Peut-être sa sœur ? Rien de moins certain. Si un de ses enfants ou l'un des miens va le voir, il ne les reconnait pas plus. Notre petit-enfant qui vient tout juste de naitre est une bouée de sauvetage pour moi face à ma déprime, mais quand je rentre dans l'appartement le soir, je suis seule à nouveau, pas de rires, pas d'échanges, personne, seule la vue de l'appartement avec tout ce qui n'a pas été fini lors de travaux entamés mais qui n'ont jamais pu être terminés. Je suis seule de mon côté, je pense à lui, mon compagnon de 16 ans, qui est seul dans son monde, là-bas.

Alors penser à moi, je veux bien, mais je n'y arrive pas.

Morine, mon compagnon a Alzheimer


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