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Concilier vie activité professionnelle et rôle d'aidant

Pour les aidants qui peinent à concilier rôle d'aidant et vie professionnelle, le gouvernement va demander aux partenaires sociaux de revoir les conditions faites au soutien familial et s'engage à promouvoir les organisations les plus adaptées à la conciliation activité professionnelle et rôle d'aidant. Trois pistes pourraient être intéressantes à explorer.

Publié le 08 juin 2014
Concilier vie activité professionnelle et rôle d'aidant

Le gouvernement mise aussi sur les aidants


« Le gouvernement mise aussi sur les aidants » est une phrase que j'aime bien lire en tant qu'aidant familial, et par de nombreux aspects, le projet de loi « reconnait » le rôle des aidants auprès de leur proche atteint de maladie chronique, ou handicapé ou dépendant : affectation de sommes pour leur répit, affectation de sommes pour la prise en charge de leur proche dépendant si l'aidant est hospitalisé, affectation de sommes pour leur information, leur formation et la mise à disposition de moyens pour échanger avec des pairs et des professionnels. 83 millions d'euros au total seront affectés directement aux aidants, sur les 645 millions de financement annuel prévu dans le projet de loi. Pour les aidants de proches visés par ce projet de loi qui sont toujours en activité professionnelle, le gouvernement va demander aux partenaires sociaux de prendre en compte les aidants dans leurs négociations de la réforme du soutien familial initiée dans le cadre de l'accord national interprofessionnel sur la qualité de vie au travail signé en juin 2013 et s'engage à recenser et promouvoir les organisations les plus adaptées à la conciliation activité professionnelle et rôle d'aidant, citant en particulier l'aménagement du temps de travail.


Trois pistes


Trois pistes me paraitraient intéressantes à explorer :

a) pourquoi les entreprises françaises les plus en pointe actuellement en termes d'initiatives vers leurs collaborateurs aidants ne formeraient-elles pas une « alliance » en analysant et partageant leurs propres résultats en termes d'initiatives positives pour leurs collaborateurs en situation d'aidants? Crédit Agricole Assurances, Novartis, Danone, Bayard, l'Oréal, EDF, Casino, ce sont tous des noms puissants, cela représente des dizaines ou centaines de milliers de collaborateurs, de quoi intéresser les médias et faciliter la propagation auprès des autres entreprises de ce qui marche, de ce qui ne marche pas.

2) parallèlement, faire une enquête auprès de DRH et de collaborateurs dans les entreprises pour « comprendre » comment les DRH voient leurs actions en faveur de leurs collaborateurs aidants, et comment leurs collaborateurs voient « à leur niveau » ces actions. Une telle étude a été menée en Angleterre récemment, et l'écart entre les réponses des DRH et celles de leurs collaborateurs est saisissant, pointant clairement sur le déficit de communication entre les DRH et leurs collaborateurs, pointant aussi sur la réticence des collaborateurs à se « déclarer » aidant auprès de leur DRH. L'Angleterre n'est pas la France, mais ce type d'éclairage pourrait être intéressant ici aussi !

3) réfléchir comment au sein d'entreprises des collaborateurs aidants pourraient être « volontaires » et chargés de répondre à des collègues sur différents aspects du rôle d'aidant. J'en ai discuté avec d'autres aidants, et chaque fois il m'est confirmé que la confiance « à un pair », c'est-à-dire un collègue lui aussi aidant, permettrait de faire ce premier pas en entreprise pour qu'un aidant s'ouvre sur sa situation d'aidant.


Jean-Louis Berthault, aidant bénévole


Aidant salarié



Pas évident de devoir aider au quotidien un proche et de rester mobilisé à 100% dans son activité professionnelle. De plus en plus d'entreprises prennent conscience de ce challenge des salariés aidants et proposent des dispositifs d'accompagnement.


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