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Communiquer ? Oui ! Mais aussi informer correctement !


Une aidante réagit sur l’information qu’elle ne juge pas assez précise concernant les nouvelles mesures votées en faveur des aidants. Cette aidante craint les désillusions de millions d’aidants quand ils comprendront que les modalités restrictives liées à l’attribution d’un répit ou à la prise en charge de leur proche en cas d’hospitalisation ne leur ouvriront pas le bénéfice de ces nouvelles mesures. Cette aidante plaide pour une communication plus précise, qui indiquerait notamment le budget total alloué par le gouvernement aux mesures destinées aux aidants et le nombre vraisemblable de bénéficiaires de ces mesures.

Cette infographie «Soutenir les proches aidants» se trouve sur le site gouvernemental maintenant que la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement a été votée et que des avancées réelles ont été inscrites au bénéfice des aidants et de leur reconnaissance. Bien sûr, on ne paie pas des responsables de communication pour détailler les limites ou restrictions de mesures prises en «faveur» des aidants ! Mais quand il y a représentation qui peut prêter à erreur, la ligne ne doit pas être franchie !

Reconnaissance du statut de proche aidant avec une aide maximale de 500 euros par aidé et par an

Oui, la loi décrit la situation de proche aidant : «Est considéré comme proche aidant d'une personne âgée son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, un parent ou un allié, définis comme aidants familiaux, ou une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne».

Pour autant il ne s'agira pas d'un statut à proprement parler aux yeux de nombreux aidants.

Et surtout, ce n'est pas cette «définition» de l'aidant qui s'appliquera pour l'attribution de l'aide de 500 euros maximum par an prévue dans la loi. Seuls les aidants assurant une présence ou une aide indispensables au soutien à domicile et ne pouvant être remplacés, seuls ces aidants pourront être éligibles au «droit» au répit introduit par la loi.

Combien d'aidants seront considérés par les équipes médico-sociales des départements comme «assurant une présence ou une aide indispensables au soutien à domicile et ne pouvant être remplacés» pour bénéficier de ce droit au répit prévu par la loi ? Peut-être quelques dizaines de milliers en 2016 si les départements mettent en œuvre rapidement cette évaluation, peut-être une centaine de milliers en année pleine. Les sénateurs avaient d'ailleurs regretté cette seconde définition plus restrictive de l'aidant appliquée au répit de l'aidant, mais n'ont pas obtenu gain de cause lors du vote final de l'article sur le droit au répit.

Droit au répit pour les aidants

«Droit au répit pour les aidants» : celui qui lit ce titre peut légitimement penser que le droit à répit est valable pour tous les aidants et qu'il lui appartient d'en demander le bénéficie. Il n'en est rien donc. Le «droit au répit» sera accordé par les équipes médico-sociales au vu de la situation aidé/aidant. Et sans doute aussi en fonction des budgets que les départements se verront affectés par la CNSA sur les 78 millions globaux annuels prévus par le gouvernement.

Dommage que ni le chiffre de 78 millions n'apparaisse sur l'infographie, ni le nombre potentiel d'aidants qui bénéficieront de ce droit au répit. Même annoncer 150 000 aidants bénéficiaires de ce droit au répit aurait été utile, face aux 4,3 millions d'aidants qui s'occupent en France d'un proche âgé de 60 ans ou plus!

Dispositif d'urgence en cas d'hospitalisation de l'aidant

De nouveau, un lecteur non au fait pourra penser que le dispositif d'urgence en cas d'hospitalisation de l'aidant s'appliquera à tous les aidants d'un proche âgé, et qu'enfin ceux qui depuis des mois ou des années repoussent une intervention chirurgicale pour leur propre santé, pourront l'avoir. Ce ne sera pas le cas non plus. Il faut attendre la sortie du décret d'application expliquant en détail les modalités de ce dispositif d'urgence, mais que diront les aidants s'ils découvrent ensuite des conditions si restrictives qu'ils seront amenés à continuer à repousser leur éventuelle hospitalisation, faute de possibilité que leur proche soit pris en charge ?

Attendons les décrets !

Attendons donc les décrets pour mieux cerner les mesures bénéficiant directement aux aidants, y compris le nouveau congé de proche aidant, apporté lui aussi par les sénateurs, qui intéresse directement les salariés-aidants.

Une fois les décrets parus (et espérons qu'ils seront publiés dès les premiers jours de janvier), commencera le vrai travail d'explication et d'information nécessaire aux aidants.

Cath.P., aidante

 Publié le 30 décembre 2015

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