Service et service

Sortir d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie est éprouvant. Le taxi qui raccompagne le patient chez lui ou l'infirmière qui passe les jours suivants pour les piqures nécessaires sont des services importants pour le patient. Toute la dimension humaine nécessaire à ces moments précis n'est hélas pas toujours au rendez-vous. Il y a service et service...

Publié le 20 juillet 2014
Service et service

Vous avez déjà pris un taxi seule pour revenir d'une séance de chimiothérapie ou de radiothérapie ? Moi oui ! Et j'ai pu faire la différence selon la compagnie ou le chauffeur. Les deux premières fois, la compagnie de taxis était une compagnie connue, et manifestement, le chauffeur n'était pas spécialisé pour ces transports conventionnées par la Sécurité sociale..., pas plus qu'il ne semblait avoir le souci de la personne transportée. Vous sortez fatiguée ou démoralisée de votre séance de traitement, et la dernière chose que vous souhaitez à ce moment-là, c'est devoir répondre à un chauffeur « agressif » qui vous demande où est tel papier signé, ou tel autre, comme si c'est à vous de savoir le mode de relations passé entre la compagnie de taxis et la Sécurité sociale... Un trajet retour chez vous avec une hostilité palpable dans la voiture, je ne le souhaite à personne, et c'est ce qui m'était arrivé pourtant deux fois.

La troisième fois, je suis tombée sur une compagnie « spécialisée » dans ces transports conventionnés, et je suis restée avec cette compagnie jusqu'à la fin de mon traitement tellement c'était le jour et la nuit avec mes deux premières expériences. Un chauffeur qui semblait connaitre tous les effets d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie, qui vous demandait doucement comment ça allait. Un chauffeur qui connaissait les différents docteurs de l'endroit où vous étiez traitée et qui pouvait vous expliquer que d'autres patients aimaient bien « aussi » tel ou tel docteur, ou bien « aimaient moins » tel ou tel docteur comme vous... Un chauffeur prévenant, qui vous proposait de vous accompagner entre le taxi et la porte de votre appartement, pour être « sûr que ça allait aller ».


Une petite compagnie de 5 voitures, 5 chauffeurs

Cette petite compagnie a 5 voitures, 5 chauffeurs. J'ai eu la chance d'être une fois accompagnée par le patron et il m'a expliqué pourquoi il s'était spécialisé dans cette activité. Il m'a expliqué comment il « formait » ses chauffeurs, comment il leur expliquait la fatigue physique et la fatigue morale quand un patient se rendait à une séance de traitement, et quand un patient repartait d'une séance de traitement. A quoi veiller, comment être prévenant. Au fur et à mesure que je l'écoutais, je me demandais comment d'autres professionnels de santé n'avaient pas ce même sens de l'autre personne, ce même sens du patient !


« Je serai chez vous entre 10 et 13 heures, je ne peux pas être plus précise ... »

Je ne fais pas de différence entre un taxi qui me conduit ou me ramène d'une séance de traitement et une infirmière qui passe chez moi me faire une piqure nécessaire après la séance de chimiothérapie. Tous les deux sont des services. Tous les deux sont des services que la Sécurité sociale paie pour moi et qui font partie de la prise en charge du patient. Alors pourquoi l'infirmière supposée me faire la piqure considère que mes demandes d'horaires précis pour la piqure n'ont pas besoin d'être respectées ? L'infirmière est venue deux fois chez moi, les deux fois en dehors de la plage horaire que j'avais précisée en raison d'obligations professionnelles. Les deux fois, j'ai été obligée de l'appeler pour savoir si oui ou non elle venait bien pour la piqure, et à peine un mot d'excuse quand elle est arrivée avec plus d'une heure de retard. A peine un mot pour moi, LA PATIENTE, pour savoir si le traitement n'était pas trop difficile à supporter (le type de piqure est clair pour toute infirmière : ce sont des piqures post-chimiothérapie). Il n'y a pas eu de troisième fois, c'est un proche qui s'est chargé des piqures ensuite ! A 33 euros la piqure par l'infirmière, j'ai fait économiser 429 euros à la sécurité sociale pour raison de « mauvais service ».


Joy, aidante, ex-aidée


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